Passer au Markdown avec MarkText

Ce guide s'adresse à qui écrit ses documents dans Word, LibreOffice ou Google Docs, et voudrait les écrire en Markdown. Aucune connaissance technique n'est nécessaire : si vous savez rédiger un compte-rendu, vous savez déjà l'essentiel.

1. Le Markdown en deux minutes

Un document Word est un fichier compliqué : il contient votre texte, mais aussi les polices, les marges, les couleurs, l'historique des modifications. Ouvert avec autre chose que Word, il devient illisible.

Un document Markdown est un simple fichier texte. Vous y écrivez vos phrases, et vous ajoutez quelques signes pour dire ce qui est un titre, ce qui est en gras, ce qui est une liste.

Ce que vous tapez
# Règlement intérieur

## Article 1

Les horaires sont **affichés à l'entrée**.

- Ouverture : 8 h
- Fermeture : 18 h
Ce que vous obtenez (exemple)
Règlement intérieur
Article 1

Les horaires sont affichés à l'entrée.

  • Ouverture : 8 h
  • Fermeture : 18 h

Voilà tout. Ce fichier s'ouvre dans n'importe quel éditeur, sur n'importe quelle machine, aujourd'hui comme dans quinze ans. Il pèse quelques kilo-octets. Il se relit et se compare ligne à ligne, ce qui rend visible ce qui a changé d'une version à l'autre.

Ce que vous ne perdez pas : un document Markdown s'exporte en PDF ou en page web, avec la charte graphique de votre choix. La mise en forme n'est pas supprimée, elle est simplement séparée du texte, et appliquée au moment de publier.

2. Installer MarkText

MarkText est un éditeur Markdown gratuit et open source, pour Windows, macOS et Linux. Il affiche le texte déjà mis en forme pendant que vous tapez : pas de fenêtre d'aperçu à côté, pas de code à lire. À l'écran, cela ressemble à un traitement de texte épuré.

Deux formes sont proposées au téléchargement : la version qui s'installe comme n'importe quel logiciel, et une version portable, qui ne s'installe pas. Cette dernière est un simple dossier : vous le posez où vous voulez, vous ouvrez le programme qu'il contient, et c'est tout.

La version portable rend souvent service en établissement.

  • Elle ne demande pas les droits d'administrateur. Sur un poste géré par le service informatique, c'est souvent ce qui bloque une installation. Là, il n'y en a pas.
  • Elle tient sur une clé USB. Vous retrouvez le même éditeur, avec vos réglages, sur le poste de la salle des professeurs comme sur celui de la maison.
  • Elle s'essaie sans engagement. Rien n'est ajouté au système ; pour l'enlever, il suffit de supprimer le dossier.

Télécharger MarkText Le projet

3. Vos habitudes de Word

La plupart se conservent. Les raccourcis Ctrl+B pour le gras et Ctrl+I pour l'italique fonctionnent comme d'habitude. Vous pouvez aussi taper les signes directement : c'est souvent plus rapide.

Dans WordCe que vous tapezCe que vous obtenez
Style « Titre 1 »# Mon titreun titre de niveau 1
Style « Titre 2 »## Mon sous-titreun titre de niveau 2
Bouton G**important**important
Bouton I*nuance*nuance
Liste à puces- premier pointune puce
Liste numérotée1. première étapeune liste numérotée
Insérer un lien[le texte](https://…)un lien cliquable
Insérer une image![légende](image.png)l'image
Trait de séparation---une ligne horizontale

Le nombre de # donne le niveau du titre : un seul pour le titre du document, deux pour une partie, trois pour une sous-partie. C'est ce qui construit le plan, exactement comme les styles de Word.

4. Trois habitudes à laisser derrière soi

Ne choisissez plus la police ni la taille
Vous dites « ceci est un titre », pas « ceci est en Arial 16 gras ». L'apparence est décidée à la publication, une fois pour toutes les pages. C'est ce qui garantit qu'un document reste conforme à la charte de l'établissement.
Ne mettez plus en gras pour faire un titre
Une ligne en gras n'est pas un titre : elle n'apparaîtra ni dans le sommaire, ni dans les signets du PDF. Utilisez les #.
N'insérez plus de saut de page ni de numérotation à la main
Ils appartiennent à la mise en page, pas au texte. Ils seront ajoutés au moment de produire le PDF.

5. Les images

Écrire ![légende](photo.png) désigne un fichier posé à côté du document. Cela fonctionne tant que les deux voyagent ensemble, mais si vous n'envoyez que le .md, l'image manque à l'arrivée : le lecteur ne voit qu'un cadre vide.

Il existe une autre façon de faire : ranger l'image à l'intérieur du document. L'image est alors traduite en une longue suite de caractères, appelée base64, écrite directement dans le fichier. Le document redevient un seul fichier, qui se transmet, se dépose et s'archive d'un bloc, sans dossier d'images à gérer.

![Logo du collège](data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUg…)

Personne n'écrit cela à la main. La page ci-dessous s'en charge : déposez une image, collez une capture d'écran, ou allez la chercher ; elle vous rend la ligne complète, prête à coller dans votre document.

Convertir une image

6. La fiche d'identité du document

Un document officiel n'est pas qu'un texte : il a une date, un auteur, un niveau d'enseignement, une discipline. En Markdown, ces informations se placent tout en haut du fichier, entre deux lignes de trois tirets. On appelle ce bloc le front matter.

---
titre: Règlement intérieur du collège
auteur: Conseil d'administration
date: 2026-09-01
---

# Règlement intérieur

MarkText le reconnaît et l'affiche à part, sans le mélanger au texte. Ce bloc est précieux : c'est lui qui permet de retrouver un document parmi des milliers, de le filtrer par discipline ou par année, et d'alimenter un moteur de recherche documentaire.

7. Publier

Depuis MarkText, un document s'exporte en PDF ou en page web. Un thème peut être appliqué à l'export, ce qui permet de retrouver la charte graphique de l'établissement ou de l'Éducation nationale sans avoir à la reproduire dans chaque fichier.

Consulter le guide d’export et son exemple

Pour aller plus loin